Elle en a marre… mais marre ! Depuis combien de temps cela dure t’il ?
Depuis toujours… Aussi loin qu’elle puisse se souvenir…
Son Mari. Parlons-en de son mari… Il n’y a rien à en dire…
A quel moment lui a t’il dit qu’il… Comment s’y est-il pris déjà ..? Il désirait fonder un foyer… elle serait l’épouse parfaite…
Elle s’était fait avoir. Elle voulait échapper à son père… Le premier qui s’intéressait à elle, elle l’avait pris trop heureuse de fuir.
Belle fuite que voilà. Elle se retrouve maintenant à deux maisons plus loin que celle de son père... Un mari, deux mômes, un père, des voisins cons et un chien et des tortues et des canaries et un chat et… une vie de merde…
Et une maison de merde et elle en a marre et elle en a marre d’avoir marre…
Son mari, celui-là ! Lever à 7h30 à la troisième sonnerie du réveil. Direction la salle de bain pour 5 bonnes minutes. C’est maintenant à elle de se lever pour aller lui préparer son bol de café et trois tartines grillées avec de la confiture de fraise ou de mûre. Il ne dira pas un mot pendant son petit déjeuner. Mais de toute façon, elle n’attend jamais rien de ce qu’il peut lui dire. Qu’il se taise est tout aussi bien. Un bon quart d’heure plus tard, il sort le chien pendant 15 minutes puis il s’affale dans le canapé et attend tranquillement 8h15. Il part alors avec sa bagnole de merde pour son boulot de merde. Il part avec des miettes de pain grillé décorant élégamment son tee-shirt et parfois avec une tache de confiture de fraise sur la braguette ou ailleurs. Et tout ce cirque pour lui rapporter un SMIC de merde à la fin du mois qui lui permettra juste de vivoter un mois de plus.
Retour à 12h30 pour trois quarts d’heure. Il faut avoir fait le repas pour l’arrivée de Monsieur. Le minimum. Inutile de s’échiner derrière les fourneaux pour un mec qui ne rapporte que 5 000 et quelque francs par mois. Repas sans histoire. Monsieur râle parfois pour la forme. Il trouve que les patates sont trop cuites, que les pâtes sont pâteuses... normal. Son patron lui a fait faire un travail merdique le matin… normal.
Il a rencontré monsieur x, y ou Duchmol sur le chemin du retour… normal. Il a mal au dos, aux reins, au cou, au pied ou où il veut… normal. Elle acquiesce, elle sourit bêtement, elle s’intéresse vaguement par habitude… normal…
13h15, départ toujours dans la même bagnole de merde avec quelques taches de sauce tomate en plus de celles de fraise du matin.
Quand il reviendra à 17h, il la trouvera sur son banc de pierre dans la rue, s’assiéra à côté d’elle sans rien dire de nouveau, attendra son repas du soir, sortira le chien, se couchera à 22h et puis de toute façon elle en a marre.
Elle en a marre des mômes. Elle qui rêvait d’avoir des mômes intelligents, un garçon et une fille, beaux, premiers de la classe, affectueux et l’aidant à assumer sa vie ! Rien de tout cela à part que ce sont bien un garçon et une fille. Le garçon plutôt efféminé et la fille une dure à cuire. Tous deux, bons derniers de la classe, toujours dans la rue, n’assumant rien et surtout pas eux-mêmes, criards, piaillards, à tout critiquer et à la pomper.
Le chien ! Elle a voulu un chien mais c’est son mari qui lui a ramené celui-là. Il a du le choisir spécialement pour sa connerie, c’est pas possible autrement. Toujours à gueuler, à tirer comme un bœuf sur sa laisse, à perdre ses poils partout et à faire des yeux de hareng frit.
Et les tortues, les canaris, le père… celui-là ! Toujours sur son dos… sur leurs dos. Il faut aller manger ses saletés de merguez le vendredi soir, le recevoir le mardi soir avec des andouillettes frites et supporter son voisinage 24h sur 24.
Et quand il sort dans la rue en caleçon ! Quelle honte ! Il est trop gros pour sortir dans la rue en caleçon. Son ventre déborde, il a des seins, il a une peau trop blanche et trop flasque. Il est ridiculement ridicule. Ca se dit ?
Oh ! Et sa Juliette elle a des moustaches… et de la barbe. Qu’est-ce qu’il a bien pu lui trouver pour se mettre avec elle deux ans seulement après le décès de sa femme… de sa mère à elle ! Cette Juliette, elle ne cuisine pas bien, elle ressemble à un cheval et elle a la conversation d’une sardine en boîte. Elle ne fait même pas tapisserie. A moins qu’elle ne soit le fruit raté d’une très mauvaise ébauche d’un très mauvais copiste d’un très mauvais Lurçat !
Au lit, elle ne doit pas valoir tripette à part défoncer le matelas avec ses 90 kilos.
Parlons-en du lit. Le sien à elle n’est pas défoncé, lui. Il n’y a vraiment pas de quoi. Quand Alain a un besoin rarissime à assouvir, elle a à peine le temps de s’en apercevoir que c’est déjà fini.
Elle vous entend très bien : vous vous dites que ça lui évite à elle d’avoir les mêmes traces de fraise et de sauce tomate que son cher et tendre sur sa nuisette ! Et c’est vrai. Mais vous ne pensez pas à sa féminité qui ne demande qu’à exploser bien inutilement puisqu’il n’y a personne pour en profiter.
Les voisins ! Et bien, il n’y a rien à en dire et rien à en faire. Ce sont des voisins comme il y en a partout, sans prétentions pour elle, sans histoires pour elle, et trop vieux. Des retraités, des pensionnés, des handicapés, des anciens combattants et des centenaires du siècle dernier.
Et elle n’a pas de voiture et d’ailleurs pas de permis.
Elle est coincée dans son trou et elle rêve. Elle rêve à quoi ? C’est assez indiscret, mais vous seriez surpris de constater à quel point ses rêves enrichissent et comblent la maigre réalité de sa vie.
Elle rêve souvent de cocotiers. Allez savoir pourquoi… Elle s’est d’ailleurs acheté un beau poster à 30 Frs au bureau de tabac et elle l’a accroché avec des punaises rouges au-dessus du canapé. On peut y voir une mer du bleu profond qu’on obtient avec ces filtres spéciaux pour obtenir le bleu le moins naturel possible. Mais quel beau bleu ! Et le sable, de l’or étincellent au soleil couchant ! On doit d’ailleurs hésiter à souiller sa surface en s’aventurant sur une plage pareille. Il est aisé de s’imaginer qu’aucun être humain n’a pu s’y prélasser avant vous. Et bien sûr, il y a des palmiers sur ce beau poster. On n’y voit aucune noix de coco mais c’est sûr qu’il y en a…
Alors cet idyllique espace riche en couleurs de laboratoire est un merveilleux support de rêves… Il favorise l’imagination la plus débridée et tout lecteur ayant réussi à arriver à ce paragraphe doit déjà être en train de s’y voir. Tout comme Evelyne qui s’y voit le plus souvent possible.
Elle rêve et rêve à cette plage sans trop savoir comment elle pourrait bien y débarquer. Vaudrait-il mieux prendre l’avion, le train, une bicyclette ? Ou faire de l’auto-stop ? Elle ne sait pas non plus quelle destination exacte il faudrait suivre ou quels bagages il faudrait prendre avec soi. Tout cela n’a que peu d’importance, d’ailleurs. L’essentiel est d’y être, c’est tout. Sans mari, sans mômes, sans voisins et bien sûr, sans père…
Seule… Totalement seule ? Et bien, pas forcément… mais c’est si intime… Parce que, oh il faut un peu le deviner, mais voyez-vous derrière ce palmier… le deuxième en partant de la gauche ? Ne serait-ce pas un petit bout de pagne… d’un bel indigène… forcément bien membré ..?
Elle rougirait presque d’avoir découvert par hasard cette présence sur le beau poster alors que celui-ci semblait pourtant exempt de toute vie quand elle l’a accroché au-dessus du canapé.
Mais il n’y a plus aucun doute depuis longtemps. Evelyne est dotée d’un sens aigu de l’observation et aucun détail de ce poster ne pouvait lui échapper. Quant aux détails intimes concernant les indigènes, il parait que tous les indigènes sont bien membrés là-bas, c’est tout.
Soyons clairs, Evelyne n’est pas un canon photogénique au sens où personne ne lui a jamais proposé de faire la couverture d’un magasine. Mais elle habite dans une sorte d’impasse en bordure de la nationale et personne n’a pu la remarquer à cet endroit. Même en passant beaucoup de temps sur son bac en pierre, comme celui-ci est légèrement en contrebas de la nationale, les voitures dans lesquelles il pourrait y avoir quelqu’un d’intéressant ou d’intéressé passent trop vite et on risque de ne pas la voir.
Ah ! Et aussi les quelques photos d’elle qui traînent ça et là ne sont pas un bon exemple car effectivement, elle n’est à son avantage sur aucune. Mais c’est tout à fait normal, ce n’est pas elle qui a pris ces photos. Si elle avait pu elle-même appuyer sur le déclencheur, les photos n’auraient jamais été comme ça.
Pourquoi cet aparté me direz-vous ? Auriez-vous déjà un sourire narquois ? Vous auriez tort car c’est uniquement pour vous expliquer qu’Evelyne ne peut pas accrocher une de ses photos sur le poster, le plus près possible du bel indigène, et croire au résultat qu’elle obtient.
Seul, le rêve peut donner une apparence à Evelyne qui cadre mieux avec la réalité du poster. Une belle vahiné sobrement vêtue de couleurs locales ou plutôt savamment dévêtue dans une exquise semi nudité artistique. Et bien si elle avait ce qu’il faut dans ses penderies et un vrai photographe qui ait su saisir d’elle ce qu’elle avait de mieux, tout cela aurait été très crédible…
Mais le rêve peut tout faire…
Et elle est très souvent et le plus facilement du monde la superbe créature des îles convenant parfaitement au bel indigène bien membré qui n’attend quelle, de toute façon.
Elle est même parfois pliée de rire quand son mari est affalé sur le canapé et ne fait même pas attention à elle, alors que le bel indigène qui se trouve juste au-dessus n’arrive pas à cacher le désir qu’il a d’elle au travers de la forme sans équivoque de son pagne. Et quels ébats ne vivent-ils pas tous les deux !.. Ce que d’autres appelleraient une pornographie des plus débridées ? Une luxure des plus exaltées ? Et bien vous n’y êtes pas du tout. Un merveilleux romantisme teinté d’un soupçon d’érotisme du meilleur goût. Une sensualité tout à fait exquise qu’on peut d’ailleurs retrouver dans quelques perles de la collection Arlequin. Une touche de sexe... oui, mais une touche seulement, fondue et estompée comme derrière un Hammilton. Aucune luxure, oh non ! Enfin… si peu. Si luxure il y a, ce n’est même plus en fondu ou demi-teinte, plutôt en pastel aérien et translucide. Le tout vous l’aurez compris, dosé avec maîtrise, habileté et un goût très sûr.
En fait, ce rêve est très beau, accessible à toutes et vous êtes peut-être à mi-chemin entre votre triste solitude et la plage où vous pourriez retrouver le bel indigène. Mais Evelyne veille…
De plus, vous allez voir que tout n’est pas si rose que ça.
Quand Evelyne occupe la plage et en général à un moment particulièrement palpitant avec le bel indigène, il y a toujours quelque chose qui vient perturber ce bel arrangement. Ce peut être n’importe quoi, le facteur qui sonne, le chien qui aboie pour rien, les pâtes qui débordent de la casserole ou les mômes qui se chamaillent. Le mari perturbe rarement les rêves d’Evelyne car il est sans surprise et sans dérangement.
Erreur ! La nuit ! Ses ronflements ! Impossible de folâtrer à demi nue sur la plage en débordant d’une sensualité savamment dosée quand les ronflements d’Alain se répercutent aux quatre coins de la chambre.
Impossible de rêver tranquillement. On ne peut que rêver qu’on rêve tranquillement ! Que la vie est donc compliquée… et qu’il est donc difficile d’engager quelque chose de durable avec le bel indigène si bien membré ! A chaque fois qu’Evelyne est sur le point d’être totalement séduite et risque de perdre une vertu si bien défendue, les pâtes débordent…
Mais est arrivé un nouveau voisin. Depuis peu. Un jeune celui-là. Enfin jeune… tout est relatif, mais il ressemble étrangement au bel indigène caché derrière le deuxième palmier du poster. Et ce voisin est bien réel !
Tout le monde en a parlé dans l’impasse. Il y a si peu de place pour des nouveaux voisins ici ! Evelyne a eu la chance de l’apercevoir une fois alors qu’elle promenait son idiot de chien… Une véritable chance car tout le monde n’a pas encore pu le voir en chair et en os.
Le rêve et le poster deviennent vite insipides. Evelyne se sent des ailes pour foncer dans cette nouvelle réalité pleine d’attraits. Le voisin a des amis… beaucoup d’amis… et l’impasse change déjà de visage, plus vivante et moins grise.
Maintenant, quand Evelyne passe devant la maison de son voisin, elle y sent ce bouillonnement de vie et de bien-être. Il y a là quelque chose d’intriguant et d’enviable en même temps. Evelyne est attirée vers cette maison comme la limaille par un aimant. On dirait que la maison de son voisin est un îlot verdoyant et serein au milieu des vagues houleuses et grises du quotidien.
Tout a été si facile ! Un arrêt furtif un jour devant la maison alors que le voisin se trouvait être justement dehors… un sourire timidement esquissé mais si ravageur et criant… et le sourire rayonnant du voisin…
Evelyne passe maintenant de plus en plus de temps avec son voisin, délaissant les patates trop cuites et les pâtes trop pâteuses. Tout devient carrément immangeable pour le pauvre Alain qui ne trouve plus de mots pour qualifier ce qui lui arrive.
Evelyne ne voit plus les heures. Les 12h30, 13h15 et 17h… et même les 22h du coucher ne veulent plus rien dire alors que chez le voisin, personne ne s’occupe des heures qui passent.
Le nouveau monde offert par le voisin ressemble en bien des points à celui du poster d’antan. Un monde inaccessible qui n’a rien à voir avec Evelyne… rien de ce qui s’y passe n’a quelque chose à voir avec Evelyne. Elle en force pourtant les portes à toute heure du jour et de la nuit, et le voisin la laisse faire car il ne la voit même pas.
Evelyne est heureuse, ce nouveau monde n’est qu’à deux maisons de la sienne…
Toute l’impasse parle maintenant de la nouvelle Evelyne car une nouvelle Evelyne est réellement apparue comme un papillon émergeant de sa chrysalide. Seul Alain n’en parle pas car s’il parle à quelqu’un c’est avant tout à lui-même et personne n’en a connaissance.
L’impasse a commencé à parler d’Evelyne le jour où madame P. a remarqué qu’Evelyne promenait son chien à 10h30. D’habitude, madame P. n’y prêtait aucune attention, elle voyait simplement le chien d’Evelyne passer vers 10h30 devant sa fenêtre…
Mais ce jour-là, un papillon était né…
La première chose qui frappa Madame P. fut la largeur de la minijupe qu’elle vit passer devant sa fenêtre plutôt que sa hauteur. Les autres détails accompagnant la minijupe l’interpellèrent tout autant dans la seconde qui suivit. Le chemisier immaculé en dentelles très ajourées, une coiffure et une couleur qu’elle n’avait encore jamais vues auparavant, des talons d’une hauteur étonnante et des bas… en résille noire !
Madame P. était une femme pratique, intelligente et d’une gentillesse profonde. Elle avait d’ailleurs immédiatement sympathisé avec le nouveau voisin qui l’avait très vite appréciée pour ce qu’elle était vraiment…
Madame P. se dit simplement qu’une telle hauteur de talon n’avait rien de pratique pour promener un chien qui avait l’habitude de se croire attelé à un char de vitesse et ne connaissait que le grand galop. Madame P. pensa qu’Evelyne pourrait attraper froid en arborant ses dentelles alors qu’un gilet de grosse laine eut mieux fait l’affaire. Madame P. se demanda si des bas en résille n’allaient pas s’accrocher à tout bout de champ et madame P. se dit que la coiffure d’Evelyne allait demander un entretien constant pour se maintenir en l’état.
Enfin madame P. en conclut que la généreuse féminité d’Evelyne n’était pas forcément à son avantage mais elle en vint presque à rougir d’une pensée si peu charitable. Elle sut immédiatement quel allait être le sujet de conversation de l’impasse dans les jours suivants. En effet, elle entendait les portes et les fenêtres de l’impasse s’ouvrirent en cœur sur le passage de la tornade de dentelles, d’aboiements, de talons difficiles à gérer et de mèches de cheveux s’envolant au vent…
Madame P. rabattit son rideau et se tourna vers son mari assit dans son fauteuil. Il la regardait d’un air interrogateur.
- Pauvre Alain !.. » Fit-elle simplement…
Monsieur P. se remit à ses mots croisés en opinant de la tête.
Evelyne rayonnait littéralement du changement qui l’habitait. Elle n’entendait rien des fenêtres et des portes s’ouvrant d’étonnement au passage de son nouvel éclat. Elle se sentait simplement parée des atouts de la vahiné qu’elle avait toujours été. Sûre de sa séduction enfin libérée, elle savait que le voisin ne pourrait qu’y succomber : Elle avait tant testé ses charmes sur le pagne du bel indigène du poster…
Mais le beau voisin lui, ne se sentait pas du tout dans la peau d’un bel indigène. D’ailleurs l’histoire ne mentionne rien sur le fait qu’il ait été éventuellement bien membré ou pas…
C’est madame P. qu’il faut consulter pour avoir la version la plus objective de la fin de cette histoire.
Elle vous dira qu’un jour, Evelyne dépassa les bornes, sans doute après avoir fait un pas de plus dans ses phantasmes délirants. Evelyne fit des propositions au voisin, allant même jusqu’à s’asseoir inopinément sur ses genoux et voulant l’embrasser de force.
Le voisin resta béat d’étonnement dans un premier temps, se reprit en la repoussant et fit un long discours à Evelyne.
Il lui parla d’Alain (horreur !). Il lui parla de ses mômes (horreur !). Il lui parla des voisins (horreur !). Il lui parla de sa vie à elle (horreur, horreur et encore horreur !). Le voisin ne fit que renvoyer Evelyne à elle-même. A son poster d’antan qui avait perdu toute couleur entre temps.
La vie est dure – Peu de rêves peuvent être vécus jusqu’au bout en tant que rêves.
Madame P. vous dira que la vie d’Evelyne reprit son cours exactement comme avant. Les horaires, les patates et les pâtes, le chien plus idiot qu’avant encore et Alain encore plus silencieux.
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